Maintenir l'enseignement de l'homéopathie

"Maintenir l’enseignement de l’homéopathie est utile pour garantir la qualité de prise en charge des patients"

Le débat engagé sur la place de l’homéopathie est intéressant. Il doit se faire dans un cadre ouvert, fondé sur la réflexion et l’humilité, et cela dans une démarche médicale rigoureuse.

Je constate que l’homéopathie répond à un besoin non couvert dans la mesure où de nombreux patients estiment qu’elle leur procure un bien-être qu’ils ne retrouvent pas suffisamment souvent dans la médecine conventionnelle.

Maintenir l’enseignement de l’homéopathie et, plus généralement, des médecines dites intégratives au sein des universités, en formation initiale ou en formation continue, permet de sensibiliser les étudiants à toutes les pratiques médicales auxquelles leurs patients pourront avoir recours. Il convient d’inscrire ces formations dans une approche ouverte et sociétale de la médecine, à laquelle je crois profondément.

Un tel enseignement est important pour garantir la qualité de la prise en charge des patients ayant recours à ces pratiques, à la condition qu’il s’inscrive dans un cadre rigoureux et structuré, portant sur les spécificités, les apports et les limites de ces médecines. Un point important est de souligner la démarche diagnostique médicale qui est utile pour les patients, ce qui n’existe pas dans d’autres pratiques de soins et de bien-être. La conférence des doyens travaille actuellement en ce sens, à travers l’élaboration d’une charte de l’enseignement des médecines intégratives.

Par ailleurs, le débat en cours soulève la question des mécanismes d’action de l’homéopathie. Il est impératif de poursuivre les efforts de recherche. Il est important de comprendre ce qui fait le succès de l’homéopathie chez nos concitoyens en analysant notamment les déterminants psycho-sociaux qui sont très utiles à connaître pour nos jeunes médecins.

Pr. Jean Sibilia, Doyen de la faculté de médecine de Strasbourg


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